Implant dentaire et chirurgie osseuse : le parcours, et pour qui
En parodontie, la première intention est de conserver les dents. Quand une dent ne peut pas être gardée, l’implant est l’une des façons de la remplacer, à trois conditions : un os suffisant, une gencive saine et une maladie parodontale stabilisée. Cette page explique quand l’implant est indiqué, comment se déroule le parcours au cabinet du Docteur Hazout à Levallois-Perret, ce qui peut le faire échouer, et pourquoi la santé des gencives décide de sa durée de vie.
Sommaire8 parties
- Pourquoi une dent est-elle perdue, et quand l’implant est-il indiqué ?
- Remplacer une dent : ce qu’est un implant
- Que se passe-t-il quand une dent n’est pas remplacée ?
- Trois conditions avant de poser un implant
- Le parcours, étape par étape
- Quelle page lire selon votre situation ?
- Limites, contre-indications relatives et échecs possibles
- Durée de vie et suivi : la gencive décide
Les pages de cette rubrique

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Pourquoi une dent est-elle perdue, et quand l’implant est-il indiqué ?
Chez l’adulte, les causes de perte d’une dent sont peu nombreuses. La parodontite, infection chronique des tissus qui tiennent la dent, détruit progressivement l’os et le ligament : la dent se déchausse, devient mobile, puis ne peut plus être conservée. Une fracture de racine, une carie profonde ayant détruit trop de tissu, l’échec d’un traitement de racine ou un traumatisme conduisent aussi à l’extraction. Plus rarement, une dent manque depuis la naissance.
La décision d’extraire n’est jamais prise à la légère. Une dent au support affaibli peut souvent être traitée, stabilisée et gardée des années : le traitement de la parodontite, la régénération parodontale ou une contention sont examinés avant de parler d’implant. L’implant devient une indication quand la dent est absente ou quand son pronostic est jugé trop mauvais pour justifier de la conserver, et qu’un remplacement est souhaité pour la mastication, l’esthétique ou la stabilité des dents voisines.
Remplacer une dent : ce qu’est un implant
Un implant dentaire est une racine artificielle, le plus souvent en titane, placée dans l’os de la mâchoire. Au cours de la cicatrisation, l’os se soude à sa surface : c’est l’ostéointégration. L’implant peut alors porter une couronne, un bridge ou stabiliser une prothèse amovible.
L’implant n’est pas la seule solution. Un bridge collé ou scellé sur les dents voisines, une prothèse amovible, ou parfois l’abstention sont aussi discutés. Le choix dépend de l’état des dents voisines, du volume d’os, de votre santé générale et de vos attentes.

Que se passe-t-il quand une dent n’est pas remplacée ?
Après une extraction, l’os qui entourait la racine se résorbe. Une revue systématique d’études chez l’humain rapporte, six mois après l’extraction, une perte moyenne d’environ 3,8 mm en largeur et 1,2 mm en hauteur, l’essentiel survenant dans les trois à six premiers mois [1].
La dent opposée peut aussi « descendre » vers l’espace vide (égression). Dans une étude rétrospective de 65 patients, une égression a été mesurée chez 78 % d’entre eux, en moyenne de 0,9 mm sur environ sept mois [2]. Ces mouvements restent souvent modestes, mais ils peuvent compliquer la future prothèse. Ils ne justifient pas de se précipiter : ils justifient de planifier.
Trois conditions avant de poser un implant
- Un os suffisant en hauteur et en largeur, évalué en trois dimensions par un cone beam (scanner dentaire à faisceau conique). S’il manque de l’os, une greffe osseuse peut être proposée avant ou pendant la pose.
- Une gencive saine autour du futur implant et des dents voisines, avec une hygiène possible au quotidien.
- Un parodonte stabilisé. Le parodonte est l’ensemble des tissus qui tiennent la dent (gencive, os, ligament). Une parodontite active doit être traitée avant l’implant.
Ce dernier point est au cœur de l’approche d’un parodontiste. Une méta-analyse de 2024 montre que les patients ayant un antécédent de parodontite, même traitée, présentent davantage de péri-implantite (inflammation avec perte d’os autour de l’implant) et une survie implantaire un peu plus faible que les patients sans antécédent [3]. Il s’agit d’études observationnelles : elles montrent une association, pas une fatalité. Les auteurs concluent qu’un implant reste possible si la maladie est contrôlée et stabilisée.
Les recommandations européennes (EFP) pour la parodontite de stade IV intègrent le remplacement des dents, par prothèse sur dents ou sur implants, dans un plan de traitement global, après la phase de traitement de l’infection [4]. La recommandation EFP de 2023 sur les maladies péri-implantaires précise que la prévention commence dès la planification de l’implant, puis se poursuit par un suivi régulier [5].
Le parcours, étape par étape
- Bilan parodontal complet et examen de la zone à remplacer.
- Traitement de la parodontite si nécessaire, puis réévaluation.
- Imagerie 3D (cone beam) et planification sur logiciel, à partir de la future dent.
- Greffe osseuse si le volume d’os est insuffisant (parfois en même temps que l’implant).
- Pose de l’implant, éventuellement à l’aide d’un guide chirurgical.
- Cicatrisation, puis pose de la couronne.
- Maintenance parodontale et péri-implantaire à vie.
Les interventions chirurgicales (greffe, pose de l’implant) se déroulent sous anesthésie locale, au bloc opératoire du cabinet. La couronne est ensuite réalisée en coordination avec votre chirurgien-dentiste traitant lorsque celui-ci assure la partie prothétique. Le principe de la pose est décrit sur la page Pose d’un implant et chirurgie guidée.
Quelle page lire selon votre situation ?
| Votre question | Page à consulter |
|---|---|
| Comment se déroule la pose ? À quoi sert la chirurgie guidée ? | Implants et chirurgie guidée |
| On m’a dit qu’il manquait de l’os : quelles techniques ? | Greffes osseuses et régénération |
| On me parle d’un sinus lift (greffe sous le sinus, en haut et en arrière) | Le sinus lift, sur la page des greffes osseuses |
| On me propose une grille en titane sur mesure | Grille en titane sur mesure |
| J’ai une parodontite ou des gencives qui saignent | Traitement de la parodontite |
| Comment entretenir mes implants ? | Entretien des gencives et des implants |
Limites, contre-indications relatives et échecs possibles
Il existe peu de contre-indications absolues à l’implant, mais plusieurs situations augmentent le risque d’échec et se discutent avant de décider. Le tabac est associé à davantage d’échecs et de perte osseuse autour des implants. Un diabète mal équilibré est associé à plus de péri-implantite, alors qu’un diabète bien contrôlé donne des résultats comparables à ceux des personnes non diabétiques. Une parodontite non stabilisée fait reporter la pose. Certains traitements (médicaments anti-résorbeurs de l’os à forte dose, radiothérapie de la tête et du cou) et une maladie générale non équilibrée demandent un avis coordonné avec votre médecin. Ces facteurs, et les études qui les documentent, sont détaillés sur la page consacrée à la pose de l’implant.
Un implant peut échouer de deux façons. L’échec précoce survient dans les premiers mois : l’os ne se soude pas à l’implant, qui devient mobile et doit être retiré ; une nouvelle pose est souvent possible après cicatrisation. L’échec tardif survient des années plus tard, le plus souvent par péri-implantite : une infection des tissus autour de l’implant, comparable à une parodontite, qui détruit l’os de soutien. Elle est plus fréquente chez les personnes ayant eu une parodontite, chez les fumeurs et en l’absence de suivi régulier. Elle ne se voit pas toujours : un implant peut perdre de l’os sans douleur, d’où l’intérêt des contrôles.
Durée de vie et suivi : la gencive décide
Une méta-analyse de 18 études estime la survie des implants à dix ans à 96,4 % ; une analyse de sensibilité plus prudente donne 93,2 %, avec une survie plus faible chez les personnes de 65 ans et plus [6]. Survie ne veut pas dire absence de complication : un implant présent en bouche peut être atteint de péri-implantite. C’est pourquoi le suivi compte autant que la chirurgie.
Ce suivi prend la forme de séances de maintenance parodontale dont le rythme dépend de votre niveau de risque : contrôle des gencives autour des dents et des implants, mesure de la profondeur des poches, nettoyage professionnel, radiographie de contrôle de l’os à intervalles réguliers. Entre deux séances, l’hygiène quotidienne autour des implants (brossettes interdentaires, brossage soigneux du collet de la couronne) est la première protection. L’article Entretenir ses gencives autour des implants détaille ces gestes et explique la mucosite et la péri-implantite.
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Questions fréquentes
Peut-on poser un implant si l’on a eu une parodontite ?
Oui, en général, à condition que la parodontite soit traitée et stabilisée avant la pose, et que vous suiviez ensuite une maintenance régulière. Le risque de péri-implantite reste plus élevé qu’en l’absence d’antécédent, ce qui justifie ce suivi.
Faut-il toujours une greffe osseuse ?
Non. La greffe n’est utile que si l’os manque pour placer l’implant dans la bonne position. Le cone beam permet de le mesurer. Dans certains cas, un implant court ou un autre type de prothèse est une alternative à discuter.
Un implant peut-il « attraper » une maladie de gencive ?
Oui. La mucosite puis la péri-implantite sont des inflammations des tissus autour de l’implant, liées notamment à la plaque dentaire. Une hygiène adaptée et des contrôles réguliers sont la première prévention.
Que se passe-t-il si un implant échoue ?
Un implant qui ne s’intègre pas ou qui perd son os de soutien est retiré. Après cicatrisation, et parfois après une greffe, une nouvelle pose est souvent possible. Les causes de l’échec (infection, tabac, surcharge, hygiène) sont recherchées pour ne pas les reproduire.
Combien coûte un implant ?
Les honoraires dépendent du nombre d’implants, d’une éventuelle greffe et du type de prothèse. Les fourchettes pratiquées au cabinet figurent sur la page Tarifs et honoraires ; un devis détaillé est remis après le bilan.
Références
- Tan WL, Wong TL, Wong MC, Lang NP. A systematic review of post-extractional alveolar hard and soft tissue dimensional changes in humans. Clin Oral Implants Res. 2012;23 Suppl 5:1-21. DOI
- Lee BA, Kim B, Kim YT. Supraeruption as a consideration for implant restoration. J Periodontal Implant Sci. 2020;50(4):260-267. DOI
- Marty L, Hoornaert A, Enkel B, Penhoat A, Colat-Parros J, Soueidan A, Jordana F. Implant Health in Treated Periodontitis Patients: A Systematic Review and Meta-Analysis. Dent J (Basel). 2024;12(8):240. DOI
- Herrera D, Sanz M, Kebschull M, Jepsen S, Sculean A, Berglundh T, Papapanou PN, Chapple I, Tonetti MS. Treatment of stage IV periodontitis: The EFP S3 level clinical practice guideline. J Clin Periodontol. 2022;49 Suppl 24:4-71. DOI
- Herrera D, Berglundh T, Schwarz F, Chapple I, Jepsen S, Sculean A, Kebschull M, Papapanou PN, Tonetti MS, Sanz M; EFP Workshop Participants and Methodological Consultant. Prevention and treatment of peri-implant diseases—The EFP S3 level clinical practice guideline. J Clin Periodontol. 2023;50 Suppl 26:4-76. DOI
- Howe MS, Keys W, Richards D. Long-term (10-year) dental implant survival: A systematic review and sensitivity meta-analysis. J Dent. 2019;84:9-21. DOI
Parcours patient