Comment se soigne une parodontite : du bilan à la stabilisation
Le traitement d'une parodontite ne se résume pas à un « détartrage profond ». Il commence par un bilan précis, suit des étapes définies par la recommandation européenne de 2020 et se juge sur des mesures, pas sur des impressions. Cette page décrit le parcours tel qu'il est pratiqué par le Docteur Hazout à Levallois-Perret : le bilan, le traitement de toute la bouche en une séance, les résultats que l'on peut attendre et leurs limites.
Sommaire7 parties
- Le bilan parodontal : mesurer avant de traiter
- Stade et grade : ce que signifie votre diagnostic
- Les quatre étapes du traitement
- La séance de traitement de toute la bouche : le principe
- Au-delà du geste local : les facteurs individuels
- Les résultats que l'on peut attendre
- Les limites du traitement et le suivi
Le bilan parodontal : mesurer avant de traiter
La première consultation commence par un entretien : antécédents médicaux, traitements, tabac, diabète, histoire dentaire. Vient ensuite l'examen clinique : aspect et saignement de la gencive, plaque, mobilité des dents, récessions, atteinte des furcations (zone où les racines d'une molaire se séparent). Lorsque le diagnostic ou le suivi l'exigent, des mesures précises de la profondeur des poches et de la perte d'attache (la hauteur de support déjà perdue) complètent cet examen.
L'analyse radiographique occupe une place centrale : un bilan de clichés rétro-alvéolaires (petits films placés derrière les dents), et si besoin une imagerie 3D, montre le niveau de l'os autour de chaque racine. L'évaluation initiale s'appuie d'abord sur l'examen clinique et les radiographies ; les examens complémentaires sont choisis selon la situation. Ces éléments servent de référence : c'est en les comparant que l'on saura si le traitement a fonctionné.
Ce bilan a lieu lors de la première consultation ou d'une séance dédiée ; ce qu'il faut apporter et ce qui s'y décide sont présentés sur la page Première consultation. Les signes qui doivent faire consulter sont rappelés dans l'article Comprendre la parodontite.
Stade et grade : ce que signifie votre diagnostic
Depuis la classification internationale de 2018, une parodontite se décrit par un stade et un grade [1].
- Le stade (I à IV) décrit la gravité et la complexité : combien de support a été perdu, si des dents ont déjà été perdues à cause de la maladie, et si le traitement sera simple ou complexe (furcations, dents mobiles, déplacements). Le stade I correspond à une atteinte débutante ; le stade IV à une atteinte avancée qui compromet la mastication.
- Le grade (A, B ou C) estime la vitesse d'évolution : lente, modérée ou rapide. Il tient compte de la perte osseuse rapportée à l'âge et de facteurs qui accélèrent la maladie, comme un tabagisme important ou un diabète mal équilibré.
On précise aussi l'étendue : localisée (moins de 30 % des dents) ou généralisée. Ce diagnostic oriente le plan de traitement et le rythme du suivi.
Les quatre étapes du traitement
La recommandation de la Fédération européenne de parodontologie (EFP) de 2020 organise le traitement des parodontites de stade I à III en quatre étapes [2]. Le stade IV suit la même logique, avec souvent des soins prothétiques ou orthodontiques associés.
Étape 1 : contrôler la plaque et les facteurs de risque. Vous apprenez à nettoyer efficacement, en particulier entre les dents avec des brossettes adaptées à chaque espace. La plaque et le tartre au-dessus de la gencive sont retirés. L'arrêt du tabac et l'équilibre d'un diabète font partie du traitement : le tabac est associé à un risque nettement plus élevé d'apparition et d'aggravation de la maladie [4], et le traitement parodontal améliore modérément l'HbA1c (environ 0,4 point à 3–4 mois) chez les personnes diabétiques [5].

Étape 2 : l'instrumentation sous-gingivale. Souvent appelée surfaçage radiculaire, elle consiste à nettoyer la racine dans la poche, sous anesthésie locale, avec des inserts ultrasonores fins et des curettes manuelles. Elle peut se faire par étapes ou sur toute la bouche en un temps court : les deux approches donnent des résultats comparables [3]. Le Docteur Hazout a retenu la seconde : le traitement parodontal initial est réalisé sur l'ensemble de la bouche, les six sextants, au cours d'une même séance. C'est son protocole, parmi d'autres organisations possibles ; son principe est présenté plus bas.
Les lasers ne font pas partie de cette étape dans la recommandation européenne : ajoutés au nettoyage mécanique, ils n'ont pas montré de bénéfice suffisant dans les essais, et l'EFP suggère de ne pas les utiliser dans ce but [2]. Au cabinet, le laser diode ou le laser Er:YAG peut néanmoins compléter le surfaçage dans certaines poches, après le nettoyage mécanique et jamais à sa place ; le bénéfice additionnel attendu est modeste, et le choix se fait pour chaque patient. Le fonctionnement des deux lasers, leurs usages et ce que montrent les études sont détaillés sur la page Lasers diode et Er:YAG.
Les deux animations montrent le principe de chacun : la fibre fine du laser diode glissée dans la poche, puis l'embout du laser Er:YAG le long de la racine. Elles schématisent le geste.
Une animation commentée du surfaçage, avec sa transcription, est disponible sur la page vidéo du surfaçage radiculaire.
Étape 3 : traiter les poches qui persistent. Après cicatrisation, une réévaluation compare l'état de la gencive et les mesures au bilan initial. L'objectif est de ne plus avoir de poche de plus de 4 mm qui saigne. Les poches résiduelles de 4 à 5 mm sont en général ré-instrumentées. Pour les poches de 6 mm ou plus, une chirurgie d'accès (lambeau) permet de nettoyer sous contrôle visuel ; lorsqu'il existe un défaut osseux vertical de 3 mm ou plus, une chirurgie de régénération peut être proposée [2].
Étape 4 : la maintenance. Des séances régulières, dont le rythme dépend de votre risque, entretiennent les résultats et dépistent tôt une reprise de la maladie. Leur contenu et leur fréquence sont détaillés sur la page Maintenance parodontale.

Lorsque des dents restent mobiles une fois l'inflammation maîtrisée, une contention collée peut les solidariser. Elle ne reconstruit pas l'os perdu ; elle améliore le confort et répartit les forces de mastication.
La séance de traitement de toute la bouche : le principe
Le traitement parodontal initial porte sur l'ensemble de la bouche, les six sextants, au cours d'une même séance, sous anesthésie locale. Chaque racine est débarrassée du tartre et du biofilm à l'aide d'inserts ultrasonores et de curettes. Selon la situation, un laser diode ou Er:YAG complète ce nettoyage mécanique dans certaines poches, sans le remplacer. Les modalités, le déroulement et les consignes sont expliqués au cabinet, selon votre situation.
Au cabinet de Levallois-Perret, ce traitement initial de toute la bouche est facturé 1 440 € sans laser et 1 800 € avec laser, pour l'ensemble des six sextants ; il n'est pas remboursé par l'Assurance maladie, mais certaines complémentaires santé le prennent en partie en charge. Le détail figure sur la page Tarifs et honoraires, et un devis écrit vous est remis avant tout soin.
Au-delà du geste local : les facteurs individuels
La réponse au traitement varie d'un patient à l'autre. Le tabac, un diabète mal équilibré, le stress, certains médicaments ou une hygiène difficile peuvent freiner la cicatrisation et favoriser une récidive. Les repérer fait partie du bilan, au même titre que l'examen de la gencive et des radiographies.
Lorsque c'est utile, deux examens peuvent compléter ce bilan. Une prise de sang au bout du doigt, réalisée au cabinet avec un test rapide, évalue certains marqueurs ; elle ne remplace pas un bilan de laboratoire, et un résultat anormal conduit à orienter vers le médecin traitant. Un prélèvement bactérien identifie les bactéries présentes dans les poches ; il peut aider à décider d'un antibiotique en complément dans certaines formes sévères.
L'alimentation et d'éventuelles carences sont également abordées, car elles participent à l'état inflammatoire général. Les données disponibles montrent des effets réels mais modestes : elles accompagnent le traitement mécanique, elles ne le remplacent pas. Le détail est présenté dans les articles bilans biologiques et compléments et nutrition, micronutrition et inflammation.
Les résultats que l'on peut attendre
Les résultats du nettoyage mécanique des racines ont été mesurés dans de nombreux essais. La revue systématique préparée pour la recommandation européenne retient, six à huit mois après l'instrumentation, une réduction moyenne de la profondeur des poches d'environ 1,7 mm et la fermeture d'environ trois poches sur quatre, c'est-à-dire des poches redevenues peu profondes et sans saignement [3]. Ces moyennes recouvrent de grandes différences d'une dent à l'autre : les poches très profondes, les furcations et le tabagisme réduisent les chances de succès. La façon dont ces chiffres se comparent à ceux des lasers est expliquée sur la page lasers.
Pour vous, le résultat se lit à la réévaluation : moins de saignement, des poches moins profondes, une gencive plus ferme, parfois des dents moins mobiles. Il se maintient ensuite à condition que la plaque reste contrôlée au quotidien et que les séances de maintenance soient suivies.
Lorsqu'une poche profonde persiste le long d'un défaut osseux vertical, une chirurgie de régénération peut reconstruire une partie du support : voir la page Régénération parodontale.
Les limites du traitement et le suivi
Les dents non conservables. Lorsqu'une dent a perdu la majeure partie de son support, qu'elle est très mobile ou qu'elle présente un abcès récidivant, la traiter n'a plus de sens : son extraction est discutée dès le bilan, en même temps que la façon de la remplacer. Mieux vaut le savoir avant la séance de traitement qu'après.
Les furcations. Entre les racines d'une molaire, la zone où elles se séparent est difficile à nettoyer, par le praticien comme par le patient. Les poches qui s'y trouvent répondent moins bien au surfaçage et conservent un risque de progression plus élevé ; elles sont surveillées de près et peuvent justifier une chirurgie.
Le tabac et le diabète. Chez les fumeurs, la cicatrisation est moins bonne, les poches se ferment moins souvent et la récidive est plus fréquente ; le traitement reste utile, mais ses résultats sont moins prévisibles. Il en va de même d'un diabète mal équilibré. Le bilan et la première étape du traitement abordent ces deux points sans détour.
La réévaluation et la maintenance. Après cicatrisation, une réévaluation reprend les mesures du bilan et décide de la suite : surveillance, nouvelle instrumentation de quelques sites, chirurgie d'accès ou de régénération. Vient ensuite la maintenance, tous les trois à douze mois selon le risque : elle réduit la probabilité de récidive, sans la supprimer, et c'est elle qui détecte une reprise avant qu'elle ne fasse des dégâts. Elle est présentée sur la page Maintenance parodontale.
Questions fréquentes
Combien de séances faut-il ?
Classiquement trois temps : une consultation de bilan, une séance de traitement de toute la bouche, puis une réévaluation après cicatrisation. Une chirurgie éventuelle sur quelques sites n'est décidée qu'à ce moment-là. Dans certaines situations, par exemple une santé fragile ou un très grand nombre de poches profondes, le traitement peut être réparti sur plusieurs séances.
Combien coûte le traitement ?
La consultation de bilan est facturée 60 €. Le traitement parodontal initial de toute la bouche, les six sextants en une séance, est de 1 440 € sans laser et de 1 800 € avec laser. Les séances de maintenance et les chirurgies éventuelles sont indiquées sur la page tarifs ; un devis est remis avant tout soin.
Mes dents qui bougent vont-elles se raffermir ?
Souvent en partie, car l'inflammation qui relâche le ligament diminue. Mais la mobilité liée à une perte osseuse importante persiste. Une contention collée peut alors être discutée.
Faut-il prendre des antibiotiques ?
Pas de façon systématique. Le nettoyage mécanique est le cœur du traitement. Des antibiotiques peuvent être envisagés dans des situations particulières, au cas par cas, pour limiter les effets indésirables et les résistances.
Pourquoi ne pas traiter directement au laser ?
Les essais disponibles ne montrent pas de bénéfice clinique suffisant du laser ajouté au nettoyage des racines, et la recommandation européenne de 2020 suggère de ne pas l'utiliser dans ce but. Au cabinet, il ne vient qu'en complément du surfaçage, dans certaines poches. Le détail est expliqué sur la page lasers.
Références
- Papapanou PN, Sanz M, et al. Periodontitis: Consensus report of workgroup 2 of the 2017 World Workshop on the Classification of Periodontal and Peri-Implant Diseases and Conditions. J Clin Periodontol. 2018;45 Suppl 20:S162-S170. DOI
- Sanz M, Herrera D, Kebschull M, et al. Treatment of stage I-III periodontitis-The EFP S3 level clinical practice guideline. J Clin Periodontol. 2020;47 Suppl 22:4-60. PubMed
- Suvan J, Leira Y, Moreno Sancho FM, Graziani F, Derks J, Tomasi C. Subgingival instrumentation for treatment of periodontitis. A systematic review. J Clin Periodontol. 2020;47 Suppl 22:155-175. DOI
- Leite FRM, Nascimento GG, Scheutz F, López R. Effect of smoking on periodontitis: a systematic review and meta-regression. Am J Prev Med. 2018;54(6):831-841. PubMed
- Simpson TC, Clarkson JE, Worthington HV, et al. Treatment of periodontitis for glycaemic control in people with diabetes mellitus. Cochrane Database Syst Rev. 2022;4:CD004714. DOI
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