Esthétique gingivale : la gencive, cadre du sourire
Un sourire harmonieux ne dépend pas seulement de la forme et de la couleur des dents. La gencive en dessine le contour : sa hauteur, sa régularité d'une dent à l'autre et la présence des papilles entre les dents. Quand ce cadre est déséquilibré, une correction de la gencive peut suffire, ou préparer un travail sur les dents. Cette page explique ce que l'esthétique gingivale peut corriger, dans quel ordre, et ce qu'elle ne peut pas promettre.
Sommaire10 parties
- De quoi parle-t-on ?
- La santé d'abord : ce que l'esthétique gingivale ne doit pas faire
- Le sourire gingival : quand la gencive se montre trop
- Gencive irrégulière, dents courtes : l'harmonie avant les facettes ou les couronnes
- Après une parodontite : triangles noirs et collets irréguliers
- Des restaurations qui respectent la gencive
- Les récessions
- Pour qui, et dans quelles situations s'abstenir
- L'analyse avant toute correction
- Résultats, limites et suivi
De quoi parle-t-on ?
L'esthétique gingivale désigne l'ensemble des gestes qui corrigent la forme, la hauteur ou l'épaisseur de la gencive pour améliorer l'esthétique du sourire. En langage médical, on parle de chirurgie plastique parodontale : des interventions de petite chirurgie, menées sous anesthésie locale, qui déplacent, retirent ou ajoutent du tissu gingival. Elles relèvent du parodontiste parce qu'elles touchent aux tissus qui soutiennent la dent, et parce que leur réussite dépend d'abord de la santé de ces tissus.
Les demandes les plus fréquentes sont de cinq ordres : une gencive trop visible au sourire (sourire gingival), un contour irrégulier ou asymétrique d'une dent à l'autre, des dents qui paraissent courtes, des espaces sombres entre les dents après une parodontite (les « triangles noirs »), et une gencive qui s'est rétractée sur une racine. Chaque situation a sa cause et sa réponse ; certaines se corrigent bien, d'autres partiellement, et quelques-unes ne relèvent pas de la gencive.
La santé d'abord : ce que l'esthétique gingivale ne doit pas faire
Aucune correction esthétique ne se fait sur une gencive enflammée. Une gingivite ou une parodontite est d'abord traitée et stabilisée ; le contour de la gencive change d'ailleurs souvent après ce traitement, car la gencive dégonfle et se rétracte là où l'os a été perdu. Corriger la gencive avant cette étape conduit à travailler sur un contour qui va bouger, et à masquer une maladie qui continue d'évoluer sous une surface redessinée.
C'est donc sur une gencive saine, une fois le traitement de la parodontite terminé et la gencive stabilisée, que l'on juge ce qui reste à harmoniser. La même règle vaut avant des facettes ou des couronnes : le bord d'une restauration posé sur une gencive enflammée entretient l'inflammation et finit par se découvrir.
Le sourire gingival : quand la gencive se montre trop
On parle de sourire gingival quand une hauteur importante de gencive se découvre au sourire. Ses causes sont multiples : dents qui paraissent courtes parce que la gencive ne s'est pas retirée normalement après l'éruption (on parle d'éruption passive altérée), lèvre supérieure très mobile ou courte, développement vertical du maxillaire, parfois une gencive épaissie par une inflammation ou certains médicaments. Le traitement dépend de la cause, d'où l'importance d'un examen précis et de radiographies [1].
L'examen mesure la hauteur de gencive découverte au sourire, la longueur des couronnes visibles par rapport à leur longueur réelle, la position de la jonction entre l'émail et la racine sous la gencive, et la distance entre cette jonction et l'os. C'est cette dernière mesure qui décide du geste : si l'os est à bonne distance, retirer la gencive en excès suffit ; s'il est trop proche, il faut aussi le remodeler, sinon la gencive reprend sa place [1].
Lorsque la gencive recouvre une partie de la dent, une gingivectomie redessine son contour : on trace le futur feston, puis on retire le tissu en excès. Au cabinet, ce remodelage est réalisé au laser, qui découpe la gencive avec précision et limite le saignement.
Si l'os sous-jacent est trop proche du bord de la gencive, il faut aussi le remodeler : c'est l'allongement coronaire, qui expose davantage de dent et rétablit la distance normale entre l'os et le bord de la gencive. Les autres causes du sourire gingival relèvent d'autres approches, parfois orthodontiques ou chirurgicales ; une lèvre très mobile, par exemple, ne se corrige pas en retirant de la gencive.

Gencive irrégulière, dents courtes : l'harmonie avant les facettes ou les couronnes
Un contour de gencive qui n'est pas au même niveau d'une dent à l'autre, ou une seule dent qui paraît plus courte que sa voisine, se remarque d'autant plus que les dents sont régulières. Le remodelage dent par dent, par gingivectomie ou allongement coronaire, permet d'aligner les collets. Il se planifie en fonction de la ligne du sourire, de la ligne des lèvres et de la longueur souhaitée des dents.
Avant des facettes ou des couronnes sur les dents de devant, cette étape est souvent décisive : le praticien qui réalise les restaurations a besoin d'un contour de gencive stable et symétrique pour dessiner des dents de même longueur. L'allongement coronaire sert aussi lorsqu'une dent est trop courte pour retenir une couronne. La correction gingivale précède la restauration, le temps que le nouveau contour se stabilise ; le Docteur Hazout coordonne ces étapes avec le praticien restaurateur.
Après une parodontite : triangles noirs et collets irréguliers
Une parodontite traitée laisse souvent des traces visibles : les papilles entre les dents ont diminué, des espaces sombres apparaissent (les triangles noirs), et les collets ne sont plus alignés. La présence de la papille dépend en grande partie de la distance entre le point de contact des dents et l'os : plus cette distance augmente, plus l'espace a de chances de rester ouvert [2].


Il faut être clair sur ce qui est possible. La gencive perdue entre les dents ne se reconstitue pas de façon prévisible : aucune greffe ne recrée une papille là où l'os qui la soutenait a disparu. L'harmonie se rétablit donc par d'autres leviers : une gencive saine et stable, des corrections gingivales si besoin, puis une modification de la forme des dents (facettes, restaurations, parfois un rapprochement orthodontique) qui referme les espaces en déplaçant le point de contact vers la gencive. Le travail se coordonne entre le parodontiste et le praticien qui réalise les restaurations.
Des restaurations qui respectent la gencive
Le bord d'une couronne ou d'une facette se situe au contact de la gencive. S'il est mal ajusté ou coloré, il retient la plaque, entretient l'inflammation et marque le sourire d'un liseré sombre. Avant de refaire des restaurations sur les dents de devant, la gencive est assainie ; le nouveau bord est ensuite placé et poli pour que la gencive reste saine autour de lui.


Les récessions
Une gencive qui se rétracte allonge visuellement la dent et rend le contour irrégulier. Lorsque la récession s'y prête, une greffe de gencive recouvre la racine et épaissit la gencive. Les signes, les critères de décision, les techniques et un cas avant/après sont présentés sur la page Récessions et greffes de gencive.
Pour qui, et dans quelles situations s'abstenir
Ces interventions s'adressent à des patients dont la gencive est saine ou stabilisée, qui nettoient bien leurs dents et dont la demande correspond à ce que la gencive peut donner. Plusieurs situations conduisent à différer ou à renoncer :
- une parodontite active ou non réévaluée : la correction attend la stabilisation ;
- le tabac, qui ralentit la cicatrisation et altère le résultat ; l'arrêt est discuté ;
- un contrôle de plaque insuffisant : un nouveau contour de gencive ne reste net que s'il est entretenu ;
- une gencive très fine ou un os insuffisant, qui limitent ce que l'on peut retirer ou remodeler sans créer une récession ;
- une attente qui ne dépend pas de la gencive : lèvre courte, dents de forme ou de teinte en cause, triangles noirs liés à une perte d'os importante ;
- certains traitements (anticoagulants, médicaments agissant sur l'os) ou maladies générales qui demandent une coordination avec le médecin traitant.
L'analyse avant toute correction
La première étape est une consultation d'analyse, au cabinet de Levallois-Perret : photographies du sourire, examen de la gencive, mesure de la profondeur des poches et radiographies pour situer l'os. Le Docteur Hazout vous montre ce qu'il propose de corriger, et ce qu'il ne propose pas. Lorsque des restaurations sont prévues, le plan est établi avec le praticien qui les réalisera, pour que la gencive soit corrigée en fonction des dents à venir.
Les modalités, le déroulement et les consignes sont expliqués au cabinet, selon votre situation.
Résultats, limites et suivi
Quand l'indication est juste et que l'os a été pris en compte, le nouveau contour d'un sourire gingival ou d'un collet irrégulier est stable dans le temps. En revanche, l'esthétique gingivale ne recrée pas une papille perdue, n'allonge pas une lèvre courte et ne remplace pas un traitement orthodontique quand ce sont les dents qui sont mal placées. Les photographies présentées sur cette page sont des cas particuliers ; elles ne préjugent pas du résultat d'un autre patient.
Le suivi est celui de toute gencive : des visites régulières, intégrées aux séances de maintenance parodontale chez les patients traités pour une parodontite. Le résultat esthétique dépend ensuite autant de l'entretien quotidien que du geste initial. Les repères tarifaires du cabinet sont indiqués sur la page Tarifs ; un devis est remis après l'analyse.
Questions fréquentes
Une gingivectomie est-elle définitive ?
Oui, si l'indication est juste : quand l'os est à bonne distance du nouveau bord de gencive, le contour reste stable. Si l'os est trop proche, la gencive tend à reprendre sa position ; c'est pourquoi il est vérifié avant l'intervention.
Pourquoi le laser ?
Il permet un tracé précis du nouveau contour et une coagulation au fur et à mesure, ce qui limite le saignement. Il ne dispense pas de vérifier la position de l'os avant l'intervention.
Les triangles noirs peuvent-ils disparaître ?
Rarement par la gencive seule. Quand la papille a disparu avec l'os qui la soutenait, elle ne se reconstitue pas de façon prévisible. Les espaces se referment surtout en modifiant la forme des dents ou leur position, après stabilisation de la gencive.
Peut-on corriger la gencive si l'on a eu une parodontite ?
Oui, une fois la maladie stabilisée et la gencive redevenue saine. L'examen précise alors ce qui peut être harmonisé et ce qui relève plutôt d'une modification des dents.
Références
- Mele M, Felice P, Sharma P, Mazzotti C, Bellone P, Zucchelli G. Esthetic treatment of altered passive eruption. Periodontol 2000. 2018;77(1):65-83. DOI
- Tarnow DP, Magner AW, Fletcher P. The effect of the distance from the contact point to the crest of bone on the presence or absence of the interproximal dental papilla. J Periodontol. 1992;63(12):995-996. PubMed
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